Coupe anatomique montrant la vessie et le canal de l’urètre chez l’homme.

Dossier patient

Sténose de l’urètre

Un rétrécissement du canal urinaire peut ralentir le jet et gêner la vidange de la vessie. Sa localisation, sa longueur et les traitements déjà reçus permettent de choisir une prise en charge adaptée.

01 · Comprendre

Quand le canal urinaire se rétrécit.

L’urètre est le canal qui conduit l’urine depuis la vessie vers l’extérieur. Une sténose est un rétrécissement fixe, le plus souvent lié à une cicatrice qui en diminue le calibre.

Un passage régulier

Un canal ouvert laisse un passage régulier à l’urine.

Une zone rétrécie

Une cicatrice épaissit les parois et diminue le passage au centre du canal.
La cicatrice réduit le calibre de l’urètre. Représentation simplifiée, sans échelle anatomique.

Chez l’homme, la sténose concerne souvent l’urètre antérieur, notamment sa portion bulbaire située sous le périnée. Elle peut aussi toucher le méat, l’urètre pénien ou une zone opérée. Sa localisation, sa longueur et son degré de fermeture sont essentiels pour choisir le traitement.

Après un geste ou un traumatisme

Sondage difficile ou prolongé, endoscopie, chirurgie, radiothérapie, choc du périnée ou fracture du bassin peuvent laisser une cicatrice.

Une inflammation ou une infection

Le lichen scléreux peut atteindre le méat et l’urètre pénien. Certaines infections anciennes peuvent également laisser un rétrécissement.

Parfois sans cause certaine

Aucune origine précise n’est retrouvée dans certains cas. Les sténoses après radiothérapie, chirurgie de l’hypospadias ou gestes répétés peuvent être plus complexes.

Comprendre ces chiffres et leurs sources

≈ 0,6 % des hommes sont concernés

La sténose de l’urètre touche environ 6 hommes sur 1 000. Une revue épidémiologique rapporte une prévalence de 229 à 627 cas pour 100 000 hommes, soit jusqu’à environ 0,6 % de la population masculine à risque.

Source : Epidemiology of urethral strictures · PubMed Central ↗

60–80 % de récidive à long terme après urétrotomie

Après une urétrotomie endoscopique, la sténose peut récidiver. Une revue systématique rapporte des taux de récidive à long terme de l’ordre de 60 à 80 %. Ce risque varie notamment selon la longueur et la localisation de la sténose, ainsi que selon les traitements déjà réalisés.

Source : The use of local therapy in preventing urethral strictures · Revue systématique ↗

Moins de 2 cm : les sténoses courtes sont les plus favorables au traitement endoscopique

La longueur de la sténose est un élément important dans le choix du traitement. Les recommandations européennes indiquent que les meilleurs candidats à une urétrotomie ou à une dilatation sont les patients présentant une sténose bulbaire unique, non oblitérante, jamais traitée et courte, d’une longueur inférieure à 2 cm.

Source : EAU Guidelines · Urethral Strictures — Disease Management in Males ↗

02 · Les symptômes

Un jet qui change. Une vidange moins facile.

Les symptômes s’installent souvent progressivement. Ils peuvent ressembler à ceux d’un adénome de la prostate ; ils ne suffisent donc pas, à eux seuls, à poser le diagnostic.

Pendant la miction

Jet faible, fin, interrompu, dévié ou éparpillé. Uriner prend plus de temps et nécessite parfois de pousser.

Après avoir uriné

Gouttes retardataires et impression de ne pas avoir complètement vidé la vessie.

D’autres signes possibles

Envies fréquentes ou urgentes, infections répétées, brûlures, parfois sang dans les urines ou difficulté à éjaculer.

03 · Votre consultation

Confirmer la sténose. Mesurer son étendue.

Une première sténose courte et une récidive après plusieurs traitements ne se prennent pas en charge de la même manière.

Votre parcours1 / 3
Un patient rassemble ses comptes rendus et ses examens médicaux.
Reconstituer les antécédents et les traitements.

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Reprendre votre histoire

Symptômes, infections, sondages, traumatismes, chirurgie et traitements antérieurs : les comptes rendus aident à comprendre le parcours. Sexualité et qualité de vie sont aussi abordées.

Mesurer la vidange

La débitmétrie mesure le jet ; une échographie évalue l’urine restant dans la vessie. Les urines sont analysées pour rechercher une infection.

Cartographier l’urètre

La fibroscopie permet de voir la zone rétrécie. L’urétrographie précise sa localisation et sa longueur, notamment avant une reconstruction.

Pour comprendre le bilan

Deux examens qui se complètent.

La fibroscopie

Une caméra fine introduite par les voies naturelles confirme visuellement le rétrécissement. Elle ne permet pas toujours d’en mesurer toute la longueur.

L’urétrographie

Un produit de contraste introduit doucement permet de dessiner le trajet de l’urètre sur des images et de mesurer la zone à traiter.

Que recherche l’examen clinique ?

L’urologue recherche une vessie distendue, examine le méat, le pénis et le périnée, et vérifie la présence de cicatrices, de fistule ou de lichen scléreux. Un examen de la prostate peut être utile si elle peut aussi expliquer les symptômes.

Échographie spécialisée, cystographie, IRM ou bilan urodynamique sont réservés à certaines situations complexes. Un ECBU est réalisé lorsqu’une infection est suspectée et avant certains gestes.

04 · La prise en charge

Quatre options. Des indications différentes.

La localisation, la longueur, le degré de fermeture et les traitements précédents guident le choix. Une première sténose bulbaire courte peut relever d’un geste endoscopique. Une forme longue, pénienne, très fibreuse ou récidivante conduit plus volontiers à discuter une reconstruction.

Urétrotomie

Inciser la cicatrice par les voies naturelles. Un geste simple pour certaines premières sténoses bulbaires courtes, avec un risque de récidive.

Dilatation

Élargir progressivement le passage. Une option pour certaines sténoses courtes ou pour une stratégie de stabilisation.

Ballon Optilume

Associer dilatation et médicament local. Une indication ciblée pour certaines récidives bulbaires courtes.

Urétroplastie

Reconstruire l’urètre. Une chirurgie plus importante, souvent plus durable pour les sténoses longues, complexes ou récidivantes.

Urétrotomie interne · rouvrir le canal sous caméra

Le chirurgien incise précisément la cicatrice par les voies naturelles, sans incision cutanée. Une sonde est laissée temporairement. Le geste est souvent organisé en ambulatoire ou lors d’une courte hospitalisation.

Il peut convenir à une sténose bulbaire unique, courte, non complètement fermée et encore jamais traitée. Sa limite est la récidive, plus probable lorsque la sténose est longue, pénienne ou déjà opérée. Répéter de nombreuses urétrotomies apporte rarement une solution durable et peut compliquer une reconstruction ultérieure.

Dilatation · élargir progressivement la zone

Des dilatateurs ou un ballon élargissent le rétrécissement, idéalement sur un guide et sous contrôle visuel. Les situations adaptées sont proches de celles de l’urétrotomie, avec des résultats globalement comparables pour des sténoses courtes sélectionnées.

Des autodilatations intermittentes peuvent être proposées lorsque l’urétroplastie n’est pas possible ou n’est pas souhaitée. Prescrites et enseignées par l’équipe, elles visent surtout à stabiliser le calibre ; elles ne font pas disparaître la cicatrice. Les gestes répétés ne doivent pas devenir automatiques si une reconstruction durable est envisageable.

Optilume · un ballon médicamenté proposé à Versailles

Optilume associe une dilatation mécanique à l’application locale de paclitaxel, qui freine la réaction cicatricielle. Le ballon est positionné sous contrôle endoscopique puis gonflé au niveau de la sténose. Cette technique est utilisée par l’équipe à l’Hôpital privé de Versailles.

Elle peut être discutée pour certaines sténoses bulbaires de moins de 3 cm, récidivant après au moins deux traitements endoscopiques, lorsque l’urétroplastie n’est pas adaptée ou n’est pas souhaitée. Ce n’est pas une alternative universelle à la reconstruction, qui reste possible secondairement.

Des brûlures ou du sang dans les urines peuvent être transitoires. Avant le geste, signalez une allergie au paclitaxel, une infection urinaire, un implant pénien ou un sphincter artificiel : l’équipe vérifie les contre-indications et traite une infection avant l’intervention.

Urétroplastie · reconstruire pour un résultat durable

Pour certaines sténoses bulbaires courtes, la cicatrice peut être retirée et les extrémités saines raccordées. Pour les formes plus longues ou complexes, l’urètre peut être élargi par un greffon, le plus souvent prélevé à l’intérieur de la joue.

Cette chirurgie est plus importante qu’un geste endoscopique et nécessite une sonde pendant la cicatrisation. Elle offre toutefois généralement la meilleure chance de résultat durable pour les sténoses longues ou récidivantes. L’équipe d’Urologie Versailles réalise ces reconstructions urétrales et discute avec vous de la technique adaptée à votre situation.

05 · Le suivi

Vérifier le jet. Repérer une récidive.

Après le geste

La sonde est retirée au délai fixé par le chirurgien. Une gêne, des brûlures ou une urine légèrement rosée peuvent être transitoires. La reprise des activités dépend du traitement.

Au fil des contrôles

L’évolution des symptômes, la débitmétrie et le résidu après miction peuvent objectiver l’amélioration. Une fibroscopie ou une urétrographie est proposée si elle apporte une information utile.

Si les symptômes reviennent

Un débit qui baisse progressivement, des infections répétées ou une difficulté croissante à uriner doivent conduire à recontacter l’urologue.

Les risques à connaître

Tous les traitements peuvent être suivis d’une infection, d’un saignement, d’une difficulté temporaire à uriner ou d’une récidive. Les risques spécifiques dépendent du geste, de la localisation et des antécédents. Des modifications de l’éjaculation ou d’autres troubles sexuels sont possibles selon la situation : ce sujet est abordé avant le traitement et au suivi.

Questions fréquentes

Vos questions. Nos réponses.

Des repères pour préparer votre échange avec l’urologue.

Un jet faible signifie-t-il forcément une sténose ?

Non. Un adénome de la prostate ou une difficulté de contraction de la vessie peuvent donner des signes proches. L’examen et les explorations permettent de préciser la cause de la mauvaise vidange.

Urologie Versailles

Comparer les possibilités pour votre situation.

Notre équipe vous accompagne du diagnostic au suivi. Elle vous présente les options adaptées, dont Optilume dans certaines indications, et réalise les reconstructions urétrales lorsqu’une urétroplastie est indiquée.

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Sources médicales et informations

Information destinée aux patients, à adapter avec l’équipe soignante. Références consultées en septembre 2026.