L’anatomie
Où se trouve le rétrécissement ? Est-il court, long, très fibreux ou complètement fermé ?
Chirurgie de l’urètre
Urétrotomie, ballon médicamenteux Optilume® ou urétroplastie : comprendre les possibilités et construire une stratégie avec votre urologue.

01 · La décision
Une sténose est une cicatrice qui rétrécit l’urètre, le canal conduisant l’urine vers l’extérieur. Le bilan précise sa localisation, sa longueur et son caractère récidivant. Il peut associer débitmétrie, mesure du résidu, endoscopie et urétrographie.
Où se trouve le rétrécissement ? Est-il court, long, très fibreux ou complètement fermé ?
Quels traitements ont déjà été réalisés ? À quelle fréquence la sténose récidive-t-elle ?
Quel compromis entre un geste moins invasif, sa durabilité, la sonde et la convalescence ?
L’objectif est de restaurer le passage des urines avec une probabilité raisonnable de succès. Répéter des gestes endoscopiques peu efficaces peut retarder une reconstruction adaptée.
Les symptômes et le diagnostic02 · Ouvrir la cicatrice

Un endoscope est introduit par les voies naturelles jusqu’au rétrécissement. La cicatrice est incisée sous contrôle visuel, sans incision cutanée.
Cette option est surtout adaptée à certaines sténoses courtes, non complètement fermées et peu complexes, notamment bulbaires. Elle est moins durable lorsque la sténose est longue, pénienne, très fibreuse ou déjà récidivante.
Des brûlures, une gêne ou de petites traces de sang sont possibles les premiers jours. Une récidive conduit à réévaluer la stratégie.
03 · Dilater et limiter la cicatrisation

Optilume® associe l’ouverture mécanique du canal par un ballon à la délivrance locale de paclitaxel, destiné à limiter la réaction cicatricielle responsable de la récidive.
Les données les plus solides concernent des sténoses antérieures courtes et récidivantes, principalement bulbaires. Les recommandations européennes le proposent notamment pour une sténose bulbaire de moins de 3 cm après au moins deux traitements endoscopiques, lorsque l’urétroplastie n’est pas souhaitée ou possible.
Le ballon est positionné sur la zone rétrécie, gonflé puis retiré. Une sonde temporaire peut être mise en place. Ce geste par les voies naturelles constitue une option à discuter au sein de l’équipe.
Il ne remplace pas toute chirurgie reconstructrice. Le risque de récidive persiste ; les sténoses longues, complexes ou oblitératives appellent une autre évaluation.
Du positionnement à la délivrance locale.

Le ballon dégonflé est placé au niveau du rétrécissement.

Le gonflage du ballon élargit progressivement le passage.

Au contact de la paroi, le ballon délivre le paclitaxel. Il est ensuite retiré.
Brûlures, gêne, petites traces de sang et parfois infection urinaire peuvent survenir.
Du paclitaxel peut être retrouvé transitoirement dans le sperme. Des consignes contraceptives spécifiques sont remises selon la notice du dispositif ; signalez tout projet de conception.
04 · Reconstruire le canal
La chirurgie reconstructrice retire ou élargit la zone malade pour rétablir un canal de calibre satisfaisant. Elle est notamment discutée pour une sténose récidivante, longue, pénienne, très fibreuse ou complexe.
Certaines sténoses post-traumatiques, post-radiques ou liées à un lichen scléreux nécessitent une évaluation spécialisée. Le choix dépend de l’anatomie et des tissus disponibles.

Pour certaines sténoses bulbaires très courtes, le segment cicatriciel est retiré puis les extrémités saines sont réunies sans tension excessive.
Source : © University of Iowa Health Care
Un greffon prélevé à l’intérieur de la joue peut élargir un segment plus long. Une gêne buccale transitoire et des soins spécifiques sont possibles.
Source : © University of Iowa Health CareLorsque les tissus sont très altérés, deux interventions peuvent être nécessaires. Le parcours est expliqué à l’avance.
Le séjour dure habituellement quelques jours, selon le geste et votre état de santé. La sonde protège la reconstruction pendant la cicatrisation. Son retrait est adapté à la technique et généralement précédé d’un contrôle de l’étanchéité ; aucune durée unique ne s’applique à tous.
05 · Mettre les options en perspective
| Situation | Urétrotomie | Optilume® | Urétroplastie |
|---|---|---|---|
| Courte, premier traitement | Option possible si simple | Pas l’indication la mieux documentée | Selon l’anatomie et la complexité |
| Courte, récidivante | Durabilité limitée si gestes répétés | Option pour des patients sélectionnés | Reconstruction durable à discuter |
| Longue ou complexe | Souvent peu adaptée | Données plus limitées | Souvent privilégiée |
| Canal complètement fermé | Non adaptée | Non adapté dans les indications validées | Reconstruction à évaluer |
Cette comparaison prépare la consultation. Elle ne remplace ni les examens ni une recommandation individualisée.
06 · Après le geste
Respectez la durée et les consignes données. Ne la retirez pas et ne la faites pas remettre sans avis urologique.
Le suivi repose sur les symptômes, la débitmétrie et le résidu après miction. Une endoscopie ou une imagerie peut être utile.
Un jet qui diminue progressivement mérite un avis. Une récidive précoce identifiée permet de rediscuter le traitement.
Les risques comprennent la récidive, l’infection, un saignement ou un hématome. Après reconstruction : fuite au niveau de la suture, douleurs ou troubles sensitifs périnéaux, complications du prélèvement buccal et, plus rarement, troubles sexuels ou de l’éjaculation.
Questions fréquentes
Des repères pour préparer votre échange avec l’urologue.
Non. Elle peut être adaptée à une première sténose courte et simple, mais une récidive doit conduire à revoir la stratégie.
La suite de votre parcours
Ces informations complètent les explications de votre équipe. Le traitement et les consignes sont adaptés à votre situation.
Contenu patient établi à partir des documents fournis par Urologie Versailles. Mise à jour éditoriale : 21 septembre 2026. Les consignes personnelles remises par votre équipe restent la référence.
EAU · Traitements des sténoses urétrales