Chirurgie de l’urètre

Traiter une sténose de l’urètre

Urétrotomie, ballon médicamenteux Optilume® ou urétroplastie : comprendre les possibilités et construire une stratégie avec votre urologue.

Coupe anatomique masculine situant la vessie, la prostate et le trajet de l’urètre. Schéma AFU.
Source : AFU · Repère anatomique

01 · La décision

Une stratégie adaptée à votre sténose.

Une sténose est une cicatrice qui rétrécit l’urètre, le canal conduisant l’urine vers l’extérieur. Le bilan précise sa localisation, sa longueur et son caractère récidivant. Il peut associer débitmétrie, mesure du résidu, endoscopie et urétrographie.

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L’anatomie

Où se trouve le rétrécissement ? Est-il court, long, très fibreux ou complètement fermé ?

02

Votre histoire

Quels traitements ont déjà été réalisés ? À quelle fréquence la sténose récidive-t-elle ?

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Vos priorités

Quel compromis entre un geste moins invasif, sa durabilité, la sonde et la convalescence ?

L’objectif est de restaurer le passage des urines avec une probabilité raisonnable de succès. Répéter des gestes endoscopiques peu efficaces peut retarder une reconstruction adaptée.

Les symptômes et le diagnostic

02 · Ouvrir la cicatrice

L’urétrotomie endoscopique.

Coupe anatomique de l’urètre masculin avec un urétrotome introduit jusqu’au rétrécissement et un détail agrandi de l’incision.
L’instrument passe par les voies naturelles. L’agrandissement montre l’ouverture de la cicatrice.

Un endoscope est introduit par les voies naturelles jusqu’au rétrécissement. La cicatrice est incisée sous contrôle visuel, sans incision cutanée.

Cette option est surtout adaptée à certaines sténoses courtes, non complètement fermées et peu complexes, notamment bulbaires. Elle est moins durable lorsque la sténose est longue, pénienne, très fibreuse ou déjà récidivante.

  • Anesthésie générale ou locorégionale selon le contexte.
  • Sonde urinaire temporaire ; retrait parfois dans les 72 heures après un geste simple, sur décision de l’équipe.
  • Ambulatoire ou hospitalisation courte selon votre situation.

Des brûlures, une gêne ou de petites traces de sang sont possibles les premiers jours. Une récidive conduit à réévaluer la stratégie.

03 · Dilater et limiter la cicatrisation

Optilume®, le ballon médicamenteux.

Gros plan du ballon urétral Optilume tenu par une main gantée.
Le ballon Optilume® : un dispositif introduit par les voies naturelles.Source : © Laborie · Optilume®

Optilume® associe l’ouverture mécanique du canal par un ballon à la délivrance locale de paclitaxel, destiné à limiter la réaction cicatricielle responsable de la récidive.

Les données les plus solides concernent des sténoses antérieures courtes et récidivantes, principalement bulbaires. Les recommandations européennes le proposent notamment pour une sténose bulbaire de moins de 3 cm après au moins deux traitements endoscopiques, lorsque l’urétroplastie n’est pas souhaitée ou possible.

Le ballon est positionné sur la zone rétrécie, gonflé puis retiré. Une sonde temporaire peut être mise en place. Ce geste par les voies naturelles constitue une option à discuter au sein de l’équipe.

Il ne remplace pas toute chirurgie reconstructrice. Le risque de récidive persiste ; les sténoses longues, complexes ou oblitératives appellent une autre évaluation.

Le principe, en trois temps.

Du positionnement à la délivrance locale.

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Ballon dégonflé placé dans la portion rétrécie de l’urètre.

Positionner

Le ballon dégonflé est placé au niveau du rétrécissement.

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Ballon gonflé qui élargit la portion rétrécie de l’urètre.

Dilater

Le gonflage du ballon élargit progressivement le passage.

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Le revêtement du ballon libère localement le paclitaxel dans la paroi de l’urètre.

Délivrer localement

Au contact de la paroi, le ballon délivre le paclitaxel. Il est ensuite retiré.

Source : © Laborie · Illustrations du mécanisme d’action
01

Les suites

Brûlures, gêne, petites traces de sang et parfois infection urinaire peuvent survenir.

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La contraception

Du paclitaxel peut être retrouvé transitoirement dans le sperme. Des consignes contraceptives spécifiques sont remises selon la notice du dispositif ; signalez tout projet de conception.

04 · Reconstruire le canal

L’urétroplastie.

La chirurgie reconstructrice retire ou élargit la zone malade pour rétablir un canal de calibre satisfaisant. Elle est notamment discutée pour une sténose récidivante, longue, pénienne, très fibreuse ou complexe.

Certaines sténoses post-traumatiques, post-radiques ou liées à un lichen scléreux nécessitent une évaluation spécialisée. Le choix dépend de l’anatomie et des tissus disponibles.

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Résection et anastomose

Schéma d’une suture rapprochant les deux extrémités de l’urètre après retrait du segment cicatriciel.
Les extrémités de l’urètre sont raccordées après retrait de la zone rétrécie.

Pour certaines sténoses bulbaires très courtes, le segment cicatriciel est retiré puis les extrémités saines sont réunies sans tension excessive.

Source : © University of Iowa Health Care
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Greffe de muqueuse buccale

Schéma d’une greffe de muqueuse buccale placée sur la face dorsale de l’urètre pour l’élargir.
Un greffon élargit le canal au niveau du rétrécissement.

Un greffon prélevé à l’intérieur de la joue peut élargir un segment plus long. Une gêne buccale transitoire et des soins spécifiques sont possibles.

Source : © University of Iowa Health Care

Reconstruction en plusieurs temps

Lorsque les tissus sont très altérés, deux interventions peuvent être nécessaires. Le parcours est expliqué à l’avance.

Le séjour dure habituellement quelques jours, selon le geste et votre état de santé. La sonde protège la reconstruction pendant la cicatrisation. Son retrait est adapté à la technique et généralement précédé d’un contrôle de l’étanchéité ; aucune durée unique ne s’applique à tous.

05 · Mettre les options en perspective

Comparer sans choisir seul.

SituationUrétrotomieOptilume®Urétroplastie
Courte, premier traitementOption possible si simplePas l’indication la mieux documentéeSelon l’anatomie et la complexité
Courte, récidivanteDurabilité limitée si gestes répétésOption pour des patients sélectionnésReconstruction durable à discuter
Longue ou complexeSouvent peu adaptéeDonnées plus limitéesSouvent privilégiée
Canal complètement ferméNon adaptéeNon adapté dans les indications validéesReconstruction à évaluer

Cette comparaison prépare la consultation. Elle ne remplace ni les examens ni une recommandation individualisée.

06 · Après le geste

Surveiller le jet et la cicatrisation.

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La sonde

Respectez la durée et les consignes données. Ne la retirez pas et ne la faites pas remettre sans avis urologique.

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Les contrôles

Le suivi repose sur les symptômes, la débitmétrie et le résidu après miction. Une endoscopie ou une imagerie peut être utile.

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Une baisse du jet

Un jet qui diminue progressivement mérite un avis. Une récidive précoce identifiée permet de rediscuter le traitement.

Les risques comprennent la récidive, l’infection, un saignement ou un hématome. Après reconstruction : fuite au niveau de la suture, douleurs ou troubles sensitifs périnéaux, complications du prélèvement buccal et, plus rarement, troubles sexuels ou de l’éjaculation.

Questions fréquentes

Vos questions. Nos réponses.

Des repères pour préparer votre échange avec l’urologue.

Une urétrotomie suffit-elle toujours ?

Non. Elle peut être adaptée à une première sténose courte et simple, mais une récidive doit conduire à revoir la stratégie.

La suite de votre parcours

Préparer vos questions avec votre urologue.

Ces informations complètent les explications de votre équipe. Le traitement et les consignes sont adaptés à votre situation.

Sources et informations

Contenu patient établi à partir des documents fournis par Urologie Versailles. Mise à jour éditoriale : 21 septembre 2026. Les consignes personnelles remises par votre équipe restent la référence.

EAU · Traitements des sténoses urétrales